Le cinéma dans la propagande nazie

Le cinéma

Le cinéma permettait la diffusion d'idées très modernes, Goebbels disait que c'était « l'un des moyens de manipulation les plus modernes » .

goebbels-2.jpgLa stratégie de communication est très raffinée car les programmes utilisés sont des films historiques ou de fiction, des documentaires, dessins animés et publicités ; les salles de cinéma sont devenues de réels lieux du "culte nazi" ; dans l'art nazi il fallait coûte que coûte démontrer la supériorité de l'Allemagne dans le monde. Dans l'un de ces nombreux discours en 1933, Goebbels a affirmé que "la vocation de l'industrie cinématographique allemande est de devenir une puissance mondiale, à conquérir le monde".

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Il disait également que la seule propagande véritablement efficace était celle qui agissait sournoisement, sans que le public ne se rende compte qu'il était victime d'une manipulation au service du Reich.

Le film, qui apparaît dès l'arrivée des nazis au pouvoir en Janvier 1933, représente un outil majeur quant à sa capacité à agir sur l'émotion du spectateur, tout en ayant un effet particulièrement profond et durable sur sa psychologie. Il était souvent difficile de faire la différence entre un film de propagande et un film de divertissement.

 

Nous vous proposons d'observer quelques films supervisés par Joseph Goebbels...

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Le film: Le Juif Süss

Le Juif Süss est un film de Veit Harlan tourné en 1940 et supervisé par Joseph Goebbels. Sur le plan technique et cinématographique, ce film est bien réalisé et interprété par de grandes vedettes de cinéma du IIIème Reich comme Ferdinand Marian dans le rôle du juif süss.

Veit Harlan, né en 1899 et ayant toujours eu pour ambition de devenir metteur en scène, se voit obligé d'accepter la réalisation de ce film devant l'insistance de Goebbels. Il en fût de même pour Marian dans le rôle du juif et de Krauss dans le rôle du rabbin.

Veit HarlanWerner KraussFerdinand Marian

Le Juif Süss

Cependant, le film reste le symbole de la propagande de l'idéologie raciste et antisémite véhiculée par le régime nazi. Il avait pour but de véhiculer les stéréotypes sur les juifs. Dans un article du Monde Diplomatique, Lionel Richard, un professeur étudiant l'histoire allemande, explique cette situation: "Le film démarre en novembre 1938, à un moment où le ministère de la propagande donne des directives aux firmes de cinéma pour encourager les scénarios antisémites. La menace d’extermination de "la race juive" est lancée publiquement par Hitler le 30 janvier 1939. (…) Il fut présenté en première mondiale le 5 septembre 1940 à la Biennale de Venise. (…) Dans la seule Allemagne, où les projections furent souvent accompagnées du hurlement « Mort aux juifs ! », le nombre de spectateurs atteignit rapidement plus de 20 millions. Il fut diffusé dans tous les pays européens occupés. Heinrich Himmler le trouvait si convaincant que, le 30 septembre 1940, il signa une ordonnance contraignant tous les membres de la SS et de la police à le voir "dans le courant de l’hiver"

Il raconte l'histoire du duc Wurtemberg qui engage Joseph Süss-Oppenheimer comme ministre des finances. Le juif, dirigé par un horrible rabbin, sert ses intérêts et ceux de ses «semblables». Il viole la fille du conseiller Strum après avoir fait enfermer son père et son fiancé. Le peuple finit par se révolter contre Joseph Süss et ses amis. L'ancien ministre des finances est pendu, les juifs ont trois jours pour quitter le pays.

Sortie le 14 février 1941 en France, le film connait un grand succès. Mais c'est plus par curiosité que par adhésion à cette idéologie que les Francais se rendent au cinéma. Cependant, les insultes «mort aux juifs !» sont fréquentes dans les salles.Salle de cinéma en France

Cet appel à la haine raciale contre les juifs a été condamné à la libération en 1945. Il sera interdit dans tout le monde occidental. Pourtant, le réalisateur Harlan put continuer à exercer.


Le film: Olympia

Après la Première Guerre Mondiale, les Jeux Olympiques de 1936 ce sont déroulés à Berlin.

Durant ces jeux, l'Allemagne arrive en première place avec 89 médailles.

Les Jeux olympiques avaient pour but de représenter le régime du IIIe Reich comme pacifiste, de prouver la puissance de la race aryenne ( où ils réussirent seulement à démontrer l'ordre et la discipline des allemands) ainsi que de renforcer l'adhésion du peuple au régime nazi. Cependant, les athlètes juifs d'Allemagne n'ont pas eu le droit de participer aux Jeux Olympiques exeptée l'escrimeuse Hélène Mayer pour calmer l'opinion internationale.

Jeux Olympiques de Berlin de 1936Pour cela, les panneaux et articles des journaux antisémites furent retirés et remplacés par de grandes affiches colorées pronant le sport et le lien entre l'Allemagne nazie et la Grèce Antique.


Cette mise en scène fût une réussite puisque la plupart des journaux étrangers au lendemain des Jeux considèrent que l'Allemagne est de retour dans «le concert des nations». Seuls quelques journalistes comprirent la mascarade organisée par ce régime raciste, oppressif et violent.

Durant ces jeux est tourné le film-documentaire de quatre heures «Les Dieux Du Stade», aussi appelé «Olympia» de Leni Riefenstahl.

Leni RiefenstahlLeni Riefenstahl est née en 1902. Elle étudit la peinture et commence une carrière de danseuse. Après une blessure au genoux, elle se reconvertir dans le cinéma en tant qu'actrice puis réalisatrice. Le film Olympia lui donne une grande notoriété durant le IIIe Reich. Cependant, il détruit aussi sa carrière dans le monde du cinéma pour avoir «coopérer» avec le régime nazi.Olympia

Pour réaliser ce film, Reinfenstahl dispose de 1,8 millions de reichsmarks. Ces moyens colossaux ont pu améliorer les techniques cinématographiques.

Sorti le 20 mai 1938 (le jour de l'anniversaire d'Hitler), il eut un succès triomphal en Allemagne. Goebbels, satisfait du film, verse une prime de 100 000 Marks à la réalisatrice.

La première partie du film est consacrée à l'histoire des anciens jeux d'Olympie et à l'athlétisme (appelée la Fète des Peuples), la seconde partie montre la fin de plusieurs épreuves (intitulée la Fète de la Beauté).

Olympia, 1ere partieOlympia, 1ere partieOlympia, 2eme partieOlympia, 2eme partie

Considéré comme un chef d'oeuvre, il est également catalogué comme un film de propagande après la Seconde Guerre Mondiale. Tout d'abord, le sport est utilisé dans le régime nazi pour montrer la supériorité physique de la race aryenne. De plus, en tant que documentaire, les faits réels représentés «captent» le spectateur qui devient plus facile à influencer.

Etonnement, Riefenstahl montre dans ce film les victoires d'athlètes américains (comme les exploits d'Owens) et les défaites allemandes. Cependant, les sportifs Francais et Britanniques sont peu représentés.

«Si vous êtes idéaliste, vous y verrez de l’idéalisme, si vous êtes classique, vous y verrez une ode au classicisme, si vous êtes nazi, vous y verrez du nazisme.»

Jonas Mekas (photo), réalisateur lituanien en 1974

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